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Un crédit se compare au coût total, pas à la mensualité

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La mensualité est le chiffre qui saute aux yeux sur une offre de crédit professionnel, celui qu’on retient et qu’on compare d’un établissement à l’autre. C’est pourtant le moins fiable des indicateurs pour juger si un crédit est réellement avantageux, et s’y fier seul conduit régulièrement à choisir l’offre la plus coûteuse sur la durée totale du remboursement.

Le TAEG, un chiffre pensé pour comparer

Le taux annuel effectif global regroupe le taux d’intérêt, les frais de dossier et les frais annexes obligatoires dans un seul pourcentage annuel, précisément pour permettre de comparer deux offres autrement construites. Un crédit affichant un taux nominal séduisant peut, une fois les frais intégrés, afficher un TAEG supérieur à une offre concurrente moins flatteuse à première vue, ce qui rend la comparaison sur ce seul indicateur bien plus fiable qu’une comparaison de taux nominal.

La durée, qui joue contre l’intuition

Allonger la durée d’un crédit fait presque toujours baisser la mensualité, ce qui donne une impression de charge plus légère. Mais chaque mois supplémentaire ajoute des intérêts, et le coût total du crédit augmente avec la durée même quand le taux reste identique. Une mensualité confortable sur quatre-vingt-quatre mois peut coûter, au total, bien plus qu’une mensualité plus lourde remboursée sur quarante-huit mois, un écart que seule l’addition de toutes les mensualités permet de mesurer correctement.

L’assurance, souvent absente du premier chiffre annoncé

L’assurance liée au crédit professionnel — décès, invalidité, parfois perte d’exploitation — s’ajoute à la mensualité de base et n’apparaît pas toujours dans la première simulation présentée. Ce poste, comparable d’un assureur à l’autre indépendamment de l’établissement prêteur, mérite d’être négocié séparément plutôt qu’accepté par défaut dans le contrat groupé proposé au moment de la signature, ce qui permet souvent de réduire sensiblement le coût global sans toucher au taux du crédit lui-même.

Le remboursement anticipé, une option qui a elle aussi un coût

Rembourser un crédit professionnel par anticipation, dès qu’un encaissement important le permet, paraît toujours une bonne idée pour réduire les intérêts restants. Mais certains contrats prévoient des indemnités de remboursement anticipé qui viennent rogner ce gain, parfois au point de le rendre marginal. Vérifier ce point avant de signer évite de découvrir, au moment où l’on souhaite justement accélérer le remboursement, une clause qui décourage la démarche la plus vertueuse pour la trésorerie de l’entreprise.

Le crédit renouvelable, une tentation à part

Un crédit renouvelable, plus rapide à obtenir qu’un crédit classique, affiche presque toujours un coût total nettement supérieur pour un même montant emprunté, en raison d’un taux plus élevé et d’une durée de remboursement qui s’étire au gré des tirages successifs. Réservé à un besoin ponctuel et de courte durée, il devient rapidement coûteux s’il finance un investissement qui aurait mérité un crédit professionnel classique, plus lent à mettre en place mais nettement plus économique sur la durée.

Comparer plusieurs offres sur la même grille

La seule façon fiable de comparer deux crédits reste de reconstituer, pour chacun, le coût total réellement payé sur toute la durée : capital, intérêts, frais de dossier et assurance additionnés. Ce total, rarement mis en avant spontanément par les établissements prêteurs, doit être demandé explicitement avant toute décision, plutôt que déduit approximativement à partir de la seule mensualité affichée sur la simulation initiale.

Tout crédit reste par ailleurs plafonné par le taux d’usure, seuil légal maximal au-delà duquel un prêteur ne peut pas aller. Ce plafond protège, mais il ne remplace jamais l’exercice de comparaison du coût total, qui rejoint directement la question du plan de trésorerie développée dans notre rubrique entreprise et gestion.


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